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Une histoire de famille

Des premiers sabots de bois aux sandales de cuir brillant à paillettes, c'est d'abord l'histoire d'un savoir-faire, aujourd'hui unique en France. Celui que la famille Audouin s'attache à faire vivre depuis quatre générations. C'est aussi l'histoire d'une chaussure dont les lignes ont su se réinventer dans un élégant mariage entre authenticité et modernité.

 

Grand-père AudouinHistoire

De ferme en ferme

En 1890, son sac accroché au dos, l'arrière-grand-père, Emile, sillonne les routes des Mauges. Et s'arrête de ferme en ferme. Armé de son hachereau, ses vrilles et ses cuillères, il façonne, creuse et polit jusqu'à ce que les contours de l'indispensable sabot émergent de l'arbre, fraîchement coupé. Son travail d'orfèvre nécessite dextérité et patience. Il lui faut, en effet, attendre que toute la famille soit chaussée, deux ou trois jours plus tard, pour reprendre la route !

Son fils, Joseph, poursuit la fabrication en s'installant à Saint-Remy-en-Mauges. Finie l'époque des sabots façonnés sur place. Avec la mécanisation des années 1920, les premiers tours et creuseuses poussent la porte des ateliers et sédentarisent le travail du sabotier.

Du bois et du cuir

Quelques décennies plus tard, en 1959, c'est son fils au prénom éponyme, qui ouvre un nouveau chapitre de l'histoire familiale dans un atelier situé à Montigné-sur-Moine, aux portes du vignoble nantais. Joseph se lance dans la fabrication de bibelots et meubles en bois pour diversifier la production. Et, surtout, il renouvelle l'esthétisme du sabot en accompagnant la traditionnelle semelle bois d'un dessus cuir, à l'instar des sabots suédois. Ce sont les premiers pas dans l'univers de la mode.

C'est cette orientation que son fils, Joël, à la tête de l'entreprise avec sa femme, Françoise, depuis 1988, privilégie en lançant la gamme Bosabo et ses modèles très design, aux côtés de la marque Safty, plus ancienne, dédiée aux sabots de travail, très utilisés dans les collectivités, notamment le secteur médical, et aux sabots de jardinage.

Bosabo aujourd'hui

Au début des années 1990, la participation aux premiers salons internationaux conforte l'esprit mode de la gamme. Cuir rouge vernis, poils imitation léopards et talons haut perchés, les sabots se jouent des lignes et des matières dans un désign toujours plus éclectique.

Aujourd'hui, plus de cent cinquante modèles sont confectionnés dans les ateliers nantais. C'est cette diversité conjuguée à un souci de renouvellement qui permet à la chaussure séculaire de séduire un peu partout dans le monde. De New-York à Tokyo en passant par Londres, Paris et Milan, plus d'une paire sur deux prend désormais le chemin de l'export pour s'installer dans de prestigieuses vitrines.